Image description

A propos d'inoccupation

En 10 étapes, nous analysons le monde qui nous entoure. Nous partons de la vacance immobilière et de la manière dont cette vacance peut être un levier pour la construction d'une communauté, la mobilité sociale et un réseau d'apprentissage.

1. Dans notre société moderne, et en particulier dans ses villes, la pression sur l'espace est de plus en plus forte. L'inoccupation et la sous-exploitation de l'espace disponible sont des problèmes sociaux connus. Les bâtiments vides sont une épine dans le pied des personnes ayant besoin d'un logement, des entrepreneurs à la recherche d'un espace commercial et des propriétaires qui en sont taxés. En outre, l'inoccupation accélère le délabrement des bâtiments et augmente l'attrait du vandalisme et de la criminalité ainsi que les sentiments d'insécurité dans le quartier. La difficulté de prévoir une nouvelle affectation définitive est une raison importante de la vacance immobilière, par exemple en raison des propriétés du bâtiment, du manque de ressources financières ou du manque d'entrepreneurs. L'espace devient de plus en plus rare et coûteux, et donc moins accessible à de nombreux citoyens et d'organisations sociales. Les pratiques socioculturelles n'ont souvent qu'un accès limité à ce marché. Le gouvernement et plus particulièrement les autorités locales ont également moins de contrôle sur l'espace : s'ils sont propriétaires déjà, ils n'ont souvent pas les moyens de le mettre à disposition conformément aux normes. 

2. De plus, l'urbanisme est soumis à des situations imprévisibles. Les négociations, les demandes de permis de construire, les finances ou la perte d'utilité du bâtiment entraînent parfois des retards de plusieurs années pour les projets. Pendant ce temps, les bâtiments et les sites sont abandonnés. 

3. L'évolution démographique de la Flandre et de Bruxelles a également été soumise à des changements au cours des dernières décennies. Notre société super-diversifiée et de plus en plus urbaine donne naissance à de nouvelles formes de coexistence, qui à leur tour nécessitent de nouvelles formes d'initiatives sociales et culturelles. Il est nécessaire de disposer de lieux de rencontre qui n'existaient pas auparavant, pour y expérimenter, créer et échouer. Les espaces partagés et les espaces ouverts qui n'ont pas été prédéfinis jusque dans les moindres détails, offrent une réponse à cela. Une population super-diversifiée et une densité de population plus élevée apportent de nouvelles questions par rapport au loisir. L'usage temporaire de lieux sous-exploités offre l'occasion d'expérimenter avec ces nouvelles fonctions. En les testant temporairement, nous pouvons découvrir ce dont la société de demain a besoin. Tout le monde a droit à l'espace. 

4. Ces développements sociaux assurent que les citoyens eux-mêmes prennent l'initiative de mettre en place des projets. Les usages temporaires d'espaces vacants constituent souvent le cadre spatial de cette démarche. L'espace vacant apporte un soutien indispensable à la croissance créative de la société. 

5. L'objectif de Toestand est la réactivation des bâtiments vides et oubliées. Depuis 2012, nous fournissons un cadre spatial et organisationnel pour les initiatives socioculturelles, afin de refléter la diversité de la société. En faisant le lien entre l'espace et l'initiative, entre les différents groupes et entre la vacance immobilière et la création d'opportunités, nous contribuons à la réalisation d'une société diverse et dynamique. 

6. Il y a une demande pour un soutien sur mesure. Beaucoup de projets d'usage temporaire demandent du matériel ou de l'espace à Toestand, ou de l'aide à élaborer un contrat, pour examiner une question politique. Nous apportons notre soutien là où nous le pouvons sinon, nous redirigeons lorsqu'il existe une expertise ailleurs. 

7. Nécessité de solutions durables. Tout comme nous donnons une nouvelle vie aux espaces, nous travaillons consciemment avec le matériel nécessaire à la mise en place de nos Zones d'Action Spontanée. Dans notre société, il y a malheureusement une quantité incroyable de matériel jeté, car il est souvent moins cher de commander de nouvelles choses (qui ont été fabriquées à l'autre bout du monde), que de les réparer ou de les réutiliser. Nous nous opposons de cela et nous nous engageons pleinement en faveur de la durabilité, entre autres en réutilisant des matériaux qui, autrement, n'auraient pas de seconde vie. 

8. Ces dernières années, le nombre d'activités dans nos villes et villages a augmenté de manière exponentielle. En avril, mai et juin, les places bourdonnent de concerts, de marchés aux puces, de fêtes de quartier, d'apéritifs et d'autres événements. Mais cela signifie aussi qu'il n'y a pas de place pour les utilisateurs habituels de cet espace public. De plus en plus souvent, l'espace public est privatisé par des terrasses et des événements. Cependant, il n'y a pas que la vie nocturne qui s'est développée. Au cours des huit dernières années, le nombre de gens vivant dans les rues de Bruxelles a doublé. Le boom démographique se manifeste aussi dans les rues. Seuls cinq pour cent de ces gens sont réellement visibles dans les rues. 

9. Espace inclusif. Chaque Zone d'Action Spontanée est comme un toit : un auvent proverbial sous lequel les différents habitants et publics locaux peuvent se rencontrer, expérimenter, se détendre et se débattre. Il est particulièrement importantde créer ces espaces mentaux temporaires dans un quartier. "S'entraîner à s'entendre" : on peut apprendre et façonner cela. C'est un muscle de la société qui doit continuer à bouger. 

10. Dans nos espaces, nous tenons aussi le thermomètre de la société. En raison de l'accessibilité de nos lieux, nous touchons souvent des personnes qui, pour diverses raisons, n'arrivent pas facilement à se connecter avec la société en général. Dans la mesure du possible, nous continuons à travailler avec ces personnes et ces groupes. L'inoccupation offre beaucoup de liberté dans l'appropriation d'un bâtiment : après tout, quel lieu appartient davantage aux gens que celui qu'ils ont eux-mêmes transformé? Le caractère temporaire d'un tel projet apporte également une énergie positive. Toestand part des besoins sociaux (le manque d'espace, l'esprit d'initiative, le besoin d'être ensemble et de se rencontrer, le besoin de mixité sociale et d'échange) et les relie au potentiel inexploité des bâtiments vides. L'espace devient ainsi un levier social.



Go to top of page